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Les édulcorants aident à réduire la prise de calories et l’envie de sucré

Voilà les conclusions des experts du dernier symposium de l’International Sweeteners Association (ISA), organisé dans le cadre du Congrès européen sur l’obésité. Ci-dessous sont présentés les trois messages les plus importants à retenir de ce symposium, ainsi que les dernières avancées scientifiques sur le sujet.

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Edulcorants : à intégrer dans un programme global de perte de poids

Régulièrement, les médias relancent le débat au sujet des édulcorants dans l’alimentation et entretiennent la confusion concernant leurs effets sur la santé. Les 3 experts invités au symposium de l’ISA le 19 mai dernier à Porto sont unanimes à ce propos: les aliments et boissons contenant des édulcorants ne sont pas un passeport vers la perte de poids. Ils doivent:

  • se substituer aux sucres,
  • s’intégrer dans un programme global de perte de poids, qui associe à la fois des changements dans l’alimentation et l’activité physique au quotidien.

Mais les scientifiques tempèrent le discours hostile ambiant, en rappelant que les preuves scientifiques s’accumulent aujourd’hui, au travers d’études qui aboutissent à des messages consistants. Pour le Dr John Sievenpiper (Université de Toronto, Canada), les résultats de ces études suggèrent que «les édulcorants basses calories sont associés à un effet positif dans la réduction de l’apport en sucres et de l’apport en calories et, par conséquent, dans le contrôle à long terme du poids et des risques cardio-métaboliques associés (diabète,…)».

Selon l’ISA, contrairement aux inquiétudes véhiculées dans les médias, les conclusions de ces travaux sont en faveur d’un effet bénéfique des édulcorants basses calories. Maintenir une tension médiatique à leur égard peut donc s’avérer contre-productif, en détournant potentiellement les consommateurs d’édulcorants vers les sucres.

Or, précisément, ces dernières années, l’Organisation Mondiale de la Santé rappelle avec insistance la nécessité de réduire la quantité de sucres consommée au niveau mondial, principalement en raison de leur impact négatif sur le poids et l’obésité.

Les édulcorants n’incitent pas à manger plus

L’impact des boissons light (par comparaison avec l’eau) sur l’apport en calories alimente aussi la controverse. Généralement, l’eau est proposée comme boisson de référence pour remplacer les boissons sucrées. Le Dr Marc Fantino et son équipe (Université de Bourgogne, France) a évalué l’effet des boissons light sur la prise alimentaire sur un échantillon de 164 femmes et hommes. Il s’agissait de consommateurs réguliers de boissons light (660 ml/jour) et de non-consommateurs (buvant de l’eau).

L’expérience révèle que la consommation à court et à long terme de boissons light (donc comportant des édulcorants basses calories comme l’aspartame, le sucralose ou la stévia) ne stimule pas la consommation alimentaire et n’augmente pas l’apport calorique, en comparaison de la consommation d’eau. Pour le Dr Fantino, «ces résultats sont donc aussi en contradiction avec les allégations incriminant les édulcorants basses calories et les boissons light d’induire une augmentation de la prise alimentaire et de calories, qui pourrait être à l’origine du développement de l’obésité et du diabète de type 2».

Réduire la dépendance au sucré

Les résultats préliminaires présentés par le Dr Charlotte Hardman (Université de Liverpool, Royaume Uni) vont aussi à l’encontre d’une autre idée reçue à propos des édulcorants basses calories. Cette étude montre en particulier que:

  • les non-consommateurs d’édulcorants consomment davantage de calories, lorsqu’ils sont confrontés à une envie irrésistible de sucré,
  • ce comportement n’est pas suivi par les consommateurs d’édulcorants.

Ces résultats indiquent donc que l’emploi des édulcorants est une stratégie qui peut contribuer à réduire la dépendance au sucré et à diminuer significativement l’apport calorique en cas d’envie compulsive de grignoter.

L’étude apporte également une autre dimension intéressante concernant les efforts pour contrôler le poids corporel. La consommation de boissons light est aussi liée à certaines motivations, que l’on ne retrouve pas chez les non-consommateurs. Certains critères déterminants justifient la consommation de ces boissons:

  • de plus grandes inquiétudes associées au poids corporel,
  • la perception d’une sensation agréable en bouche,
  • un meilleur contrôle de la faim et du poids corporel.

Pour le Dr Hardman, la consommation de boissons light peut aider ces consommateurs à concilier des objectifs potentiellement conflictuels: réussir à contrôler son poids, tout en conservant le plaisir de manger…

Pour plus d’infos, téléchargez le document suivant.

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