Aspartame (E951)

L’Aspartame a un pouvoir sucrant environ 200 fois plus élevé que le sucre (saccharose) et une valeur calorique de 4 kcal/gramme.

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Comme seule une infime quantité d’aspartame est nécessaire pour édulcorer un produit, le nombre de calories (exprimées en kilocalories [kcal]) d’aspartame contenues dans les produits édulcorés est négligeable. À titre d’exemple, une pointe de couteau d’aspartame équivalant à 0,1 kcal d’énergie a le même pouvoir sucrant qu’une cuillère à café de sucre de 16 kcal.

L’aspartame a été découvert aux États-Unis en 1965. Il est utilisé depuis lors dans de nombreuses régions du monde, notamment au Canada, en Europe, en Amérique du Sud et au Japon. L’aspartame est composé de deux acides aminés naturels (la phénylalanine et l’acide aspartique) qui sont couplés à un groupe méthylique. Dans l’organisme, l’aspartame se décompose en phénylalanine, acide aspartique et méthanol.

La phénylalanine et l’acide aspartique sont des acides aminés que l’on retrouve à l’état naturel dans le groupe des vingt acides aminés dont se composent toutes les protéines humaines et animales. Utilisé en grandes quantités, le méthanol est nocif pour l’organisme. Mais l’apport provenant de la décomposition de l’aspartame est si faible qu’il n’y a pas lieu d’en tenir compte, assurément par comparaison avec la quantité de méthanol qui se dégage des aliments tels que les légumes et les fruits. À titre comparatif, un verre de jus de tomate ou de jus de pomme contient environ 12 fois autant de méthanol qu’une quantité comparable de boisson rafraichissante sucrée à l’aspartame.

Sécurité et santé

La sécurité de l’aspartame a déjà fait l’objet de nombreuses études et évaluations par diverses instances scientifiques indépendantes, notamment par le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH), l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et le Comité international mixte FAO/OMS d’experts sur les additifs alimentaires (JECFA). Ces études et évaluations sont toutes parvenues à la conclusion que l’aspartame consommé dans le cadre de la DJA (voir le paragraphe suivant) ne comporte aucun risque pour la santé. Le WCRF – Fonds mondial de recherche contre le cancer a également conclu, sur la base des études épidémiologiques disponibles, qu’il n’existe aucune raison d’attribuer à l’aspartame un potentiel d’effet carcinogène.

Après avoir évalué de récentes études (études de Ramazzini) qui ont provoqué beaucoup d’émoi parce qu’elles suggéraient l’existence d’un lien entre l’aspartame et le cancer et les naissances prématurées, l’EFSA a conclu à l’innocuité de l’aspartame. Les études semblaient contenir des aberrations méthodologiques de sorte qu’elles n’ont aucune incidence sur les avis précédemment adoptés par l’EFSA.

Le mardi 8 janvier 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié sa première évaluation scientifique sur la sécurité de l’édulcorant aspartame. Les experts de l’EFSA se sont basés sur toutes les informations disponibles concernant l’aspartame et ses produits de décomposition. Ils ont également, pour cette étude, lancé deux appels publics destinés à recueillir des données sur l’aspartame. L’EFSA a ainsi obtenu l’accès à un très grand nombre de données scientifiques, déjà publiées ou inédites. Dans le projet d’avis, l’EFSA a conclu que l’aspartame et ses produits de décomposition ne posent aucun problème de sécurité aux niveaux actuels d’exposition. La dose journalière admissible (DJA) actuelle est considérée comme sûre pour l’ensemble de la population. Il est clair que cet avis accorde peu de crédit aux rumeurs déroutantes qui circulent autour de l’aspartame et, au contraire, confirme que cet édulcorant étudié et approuvé en Europe au début des années 1980, est sans danger. Fin 2013, l’EFSA a rendu son avis scientifique final, qui confirme une fois de plus que l’aspartame est sûr pour la consommation humaine.

Phénylalanine et PCU

Les personnes atteintes de PCU (phénylcétonurie) doivent toutefois faire preuve de prudence lorsqu’elles consomment de l’aspartame. En effet, ces personnes souffrent d’un déficit de l’enzyme qui permet la transformation de l’acide aminé phénylalanine en tyrosine. L’accumulation de phénylalanine dans l’organisme risque, si elle n’est pas traitée, d’entraîner des troubles cérébraux. Les personnes atteintes de PCU doivent suivre un régime strict visant à exclure au maximum la phénylalanine. C’est la raison pour laquelle l’étiquette des produits contenant de l’aspartame doit préciser qu’ils sont source de phénylalanine. L’aspartame n’a pas d’effet néfaste sur les dents et convient aux diabétiques.

DJA

En Europe, la dose journalière admissible (DJA) de l’aspartame a été fixée à 40 mg/kg de poids corporel par jour (établie par l’EFSA en 2006, et confirmée en 2009, 2011 et 2013). L’édulcotest sur ce site vous permet de vérifier ce que ceci représente en pratique.

Dans quelles denrées alimentaires ?

L’aspartame entre dans la composition notamment de boissons rafraichissantes, confitures, desserts, édulcorants de table, poudre cristallisée, pâtisseries et chewing-gums.

Possibilités d’utilisation

L’aspartame se dissout difficilement dans les liquides, mais compte tenu de son grand pouvoir sucrant, la quantité à utiliser pour un même pouvoir sucrant est largement inférieure à celle du sucre, de sorte que la solubilité limitée ne pose en pratique aucun problème. L’aspartame peut entrer dans la composition de la plupart des produits requérant l’utilisation de sucre. L’aspartame est très stable en milieu acide, mais instable en milieu alcalin. Il se transforme alors en dicétopipérazine (DKP, dont la DJA a été fixée à 7,5 mg/kg de poids corporel). Cette transformation entraîne la perte du goût sucré. L’aspartame renforce le goût des fruits et des arômes de fruit.

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