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Que deviennent les édulcorants basses calories dans l’organisme?

Les édulcorants basses calories ont en commun la saveur sucrée, mais ils diffèrent selon leur devenir dans l’organisme après avoir été consommés. Une nouvelle revue fait le point sur la façon dont les édulcorants basses calories sont métabolisés.

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Comprendre le sort des différents édulcorants basses calories dans l’organisme est essentiel pour évaluer leurs effets biologiques, afin de déterminer et de garantir leur sécurité d’utilisation. Cela permet également de répondre à la question «mais que deviennent les édulcorants basses calories une fois qu’ils sont ingérés ?». Dans cet article, Magnuson et ses collègues fournissent un aperçu détaillé du devenir dans l’organisme des 5 principaux édulcorants basses calories (acésulfame, aspartame, glycosides de stéviol, saccharine et sucralose) et des études approfondies dont ils ont fait l’objet avant d’être approuvés au niveau réglementaire.

Cette compréhension du métabolisme de ces édulcorants permet d’établir la dose journalière admissible (DJA), qui définit, sur base du poids corporel du consommateur, la quantité d’édulcorant qui peut être consommée quotidiennement pendant toute une vie sans risque appréciable pour la santé. Pour les édulcorants, la DJA est une valeur calculée qui est 100 fois plus faible que la dose sans effets observés (NOAEL) dans les modèles animaux. Cette approche est utilisée par les autorités du monde entier depuis des décennies pour protéger la santé publique.

Les édulcorants ne s’accumulent pas dans le corps humain

Les édulcorants basses calories ingérés ne sont pas stockés dans l’organisme. Ils sont éliminés après avoir été transformés ou non, selon leur nature. Les auteurs distinguent deux devenirs différents :

  • Certains édulcorants basses calories ne sont pas digérés ou transformés, et sont donc rapidement éliminés de l’organisme : c’est le cas de la saccharine et de l’acésulfame-K, qui sont éliminés par les reins (c’est-à-dire dans l’urine), ainsi que du sucralose, qui n’est pas absorbé et est éliminé dans les matières fécales.
  • D’autres édulcorants basses calories sont transformés au cours de la digestion et les produits formés sont absorbés. C’est le cas de l’aspartame, dont les composants formés sont les mêmes que ceux fournis dans l’alimentation (comme des acides aminés), et sont traités par l’organisme de la même façon. C’est aussi le cas des glycosides de stéviol, dont une partie des composés est absorbée puis éliminée par les urines, l’autre partie est digérée en partie par la flore intestinale (aussi appelée microbiote intestinal).

Les auteurs concluent qu’en raison du fait que les édulcorants basses calories sont des outils potentiellement utiles pour lutter contre le diabète et l’excès calorique, il est essentiel d’utiliser les connaissances existantes concernant leur absorption, leurs transformations et leur excrétion pour traiter les controverses autour de leur utilisation. C’est ce que font d’ailleurs les instances telles que l’EFSA en Europe (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments), pour garantir la sécurité d’utilisation des édulcorants basses calories.

Référence
Magnuson B A et al. Nutrition Reviews, 2016, 74(11) :670-689.
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