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Édulcorants & poids :
tenir compte de l’effet plateau !

Les effets des édulcorants à basses calories sur le poids ne doivent pas seulement être analysés sous l’angle des kilos perdus, mais aussi sous celui des kilos qui ne sont pris ou repris à long terme. C’est ce que nous explique la Dr France Bellisle, spécialiste du comportement alimentaire.

Remplacer le sucre par des édulcorants à basses calories permet de réduire l’apport calorique et d’entraîner une perte de poids légère, mais significative. Pourtant, beaucoup de personnes appliquent ce changement au quotidien sans observer de différence notable sur la balance.
Pourquoi ?

« À cause de ce que l’on nomme « l’effet plateau«  », explique la Dr France Bellisle, spécialiste du comportement alimentaire qui étudie les édulcorants depuis de nombreuses années.

Ce phénomène se retrouve avec toute restriction énergétique, y compris celles induites par la prise de médicaments contre l’obésité. La cinétique est toujours la même : au début, on perd du poids, puis la perte de poids ralentit, jusqu’à s’arrêter. Lorsque le poids ne diminue plus, c’est l’effet plateau. Et, dans la plupart des cas, il y a une reprise de poids par la suite. L’objectif, lorsque l’on perd du poids, est surtout d’arriver à maintenir la perte de poids.

Voir l’interview de France Bellisle

L’effet des édulcorants peut paraître invisible

« Cet effet plateau est un facteur important qui explique la difficulté à étudier et à mettre en évidence les effets à long terme des édulcorants à basses calories sur le poids », nous détaille France Bellisle.  Les recherches dans ce domaine montrent que lorsqu’ils remplacent l’énergie venant des sucres, les édulcorants permettent de perdre 1, 2, 3 kilos ou même davantage. Mais après quelques semaines il ne se passe plus rien, parce que l’on a atteint le plateau. Et c’est là que l’on pourrait se dire que les édulcorants ne servent plus à rien, et pourtant… En réalité, ils produisent bel et bien un effet, mais invisible : celui d’aider à maintenir une perte de poids. En effet, cet effet ne pourrait être mis en évidence que si la personne abandonnait les édulcorants et se remettait à manger du sucre. Cela entraînerait alors inévitablement une reprise de poids. »

Les explications de France Bellisle

Les édulcorants font-ils manger… plus ?

C’est un bruit qui circule depuis longtemps, et qui entretient bien des confusions à l’égard des édulcorants à basses calories : ces substances auraient un effet stimulant la faim, ce qui amènerait à manger davantage, plus que le sucre qu’ils sont censés remplacer. Avec, pour conséquence, non pas une perte de poids comme recherché, mais au contraire une prise de poids ! Cela fait partie des nombreuses informations erronées qui circulent sur les édulcorants à basses calories. France Bellisle nous éclaire sur les origines de ce qui est devenu un grand mythe :  C’est ce qui a été supposé il y a une quarantaine d’années, avec, comme mécanisme avancé, la stimulation de la sécrétion d’insuline. » Depuis, cette idée a été étudiée en long et en large dans le monde, et les résultats sont très clairs : il n’y a aucune augmentation de la prise alimentaire à la suite de l’utilisation d’édulcorants.

Les explications de France Bellisle

Les édulcorants stimulent-ils la sécrétion d’insuline ?

C’est aussi un vieux débat qui refait régulièrement surface : les édulcorants à basses calories n’auraient pas seulement une saveur proche de celle du sucre, ils auraient aussi des effets métaboliques tels que le déclenchement de la sécrétion d’insuline. Voilà qui irait à l’encontre de ce qui est recherché, notamment pour les personnes avec un diabète, affection qui se caractérise par une sécrétion d’insuline altérée. Mais ici aussi, les nombreuses recherches permettent d’y voir plus clair.  En général, dans la plupart des cas, explique France Bellisle, il n’y a aucune sécrétion d’insuline après la prise de nourriture qui soit due aux édulcorants. Bien entendu, la prise alimentaire, avec ou sans édulcorants, entraîne une sécrétion d’insuline, ce qui est parfaitement normal, mais il n’y a aucun rôle spécifique joué par les édulcorants qui composent le repas. »

Édulcorants et insuline : réponse de France Bellisle

Boire light fait manger moins calorique que boire sucré

A l’occasion de la 9e Conférence de la Fédération Européenne des Associations de Diététiciens (EFAD), le symposium de l’International Sweeteners Association (ISA) était l’occasion de remettre les pendules à l’heure concernant l’impact des boissons light sur les apports énergétiques.

Les aliments et boissons de faible densité énergétique, c’est-à-dire qui apportent peu de calories par 100 g, sont  considérés comme des alliés pour contrôler l’apport calorique. C’est notamment ce que confirment les travaux menés par le Dr Nicolas Buckland (Université de Leeds, Royaume-Uni) et son équipe : ils montrent que l’exposition à la vue, à l’odeur ou la consommation de ces alliés du régime facilite la réduction des calories consommées lors du repas suivant. Ainsi, après avoir mangé une salade de 100 kcal en entrée, les volontaires ingèrent 21 % d’énergie en moins qu’après une entrée de même contenu calorique, mais plus dense (pain à l’ail).

Opter pour des boissons light à la place de boissons sucrées est aussi une façon de réduire la densité énergétique. Et comme le montre une nouvelle étude (1), menée auprès de plus de 22 000 adultes aux États-Unis, cela se traduit par un apport énergétique total plus faible. Mais ce n’est pas ce qu’ont communiqué certains médias, précise Sigrid Gibson (Sig-Nurture Ltd. Guildford, Royaume-Uni), qui ont laissé croire que les consommateurs de boissons light mangeaient plus de sucreries et autres produits denses en énergie que ceux qui boivent des boissons sucrées.

En réalité, cette  étude montre que par rapport aux buveurs de sodas sucrés, les buveurs de light, qui ingèrent nettement moins de calories dans les boissons, puisent très légèrement plus de calories (19 kcal/jour) dans des aliments de densité énergétique élevée et non nécessaires (sucreries, biscuits…). Mais si l’on comptabilise toutes les calories associées aux différentes boissons, l’étude montre clairement que les boissons light, tout comme le thé, sont associées à des apports caloriques plus faibles (69 kcal par jour pour le light, 64 kcal/j pour le thé) que les boissons sucrées (226 kcal), que les boissons alcoolisées (384 kcal/jour), et même que le café (108 kcal/g). Boire light plutôt que sucré apparait donc bel et bien efficace pour ingérer moins de calories.

 

Ruopeng An. J Acad Nutr Diet 2015. In Press.  Published Online:  September 11, 2015

Remplacer le sucre par des édulcorants est favorable au poids

De nombreuses données convergent pour dire que le fait de remplacer le sucres dans les aliments et boissons par des édulcorants basses calorie a des effets bénéfiques sur le poids et la masse grasse.

Le rôle des édulcorants basses calories dans le contrôle du poids fait l’objet de nombreux débats et discours contradictoires. À tel point que certains vont même jusqu’à considérer qu’ils favorisent des habitudes alimentaires malsaines et la prise de poids, ce qui pourrait d’ailleurs encourager… la consommation de sucre ! Pourtant, si l’on compile les données scientifiques disponibles, il apparaît que dans l’ensemble, la consommation d’édulcorants basses calories résulterait en une diminution de la prise de calories et une perte de poids. C’est ce qui ressortait d’une revue systématique publiée en 2016 dans le périodique scientifique International Journal of Obesity (1)

Ce travail consistait à passer en revue l’ensemble des preuves selon lesquelles la consommation d’édulcorants basses calories n’aurait pas d’effet sur l’apport calorique ou le poids, tant chez l’animal que chez l’Homme. Les données humaines les plus pertinentes proviennent d’essais randomisés contrôlés (RTC) : des 129 RTC menés à court terme, il ressort que le recours aux édulcorants basses calories à la place du sucre (dans les aliments ou les boissons) entraîne une réduction de l’apport calorique de 94 kcal par jour en moyenne. Ces résultats sont cohérents avec ceux issus d’interventions plus longues (4 semaines à 40 mois), qui montrent que le remplacement du sucre par les édulcorants basses calories entraîne une diminution du poids de 1,35 kg en moyenne.

En 2020, deux revues systématiques (2) (3) ont confirmé que la substitution du sucre par des édulcorants entraîne une réduction du poids. Il apparait de plus que cet effet est plus important chez les personnes souffrant de surpoids ou d’obésité.

En 2022, une vaste revue des études cliniques randomisées confirme que le remplacement des boissons sucrées par des boissons light a un effet (léger, mais significatif) sur le poids et la masse grasse (4).

Références
(1) Rogers P J et al ; Int J Obesity 2016, 40 :381-394. 
(2) Laviada-Molina H et al. Obesity Reviews 2020; 1-13.
(3) Rogers PJ, Appleton KM. Int J Obes 2020.
(4) JAMA Network Open. 2022;5(3):e222092. doi:10.1001/jamanetworkopen.2022.2092

Obésité : le « régime cafétéria » plus impactant que le microbiote intestinal

Entre l’alimentation et le microbiote intestinal, qui joue le rôle le plus décisif dans la prise de poids ? Cette étude chez le rongeur montre qu’un régime dit « cafétéria » fait grossir, indépendamment de la composition du microbiote intestinal de départ.

L’œuf ou la poule ?

C’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule : qui était le premier et a donné naissance au second ?

De nombreux travaux ont montré des associations significatives entre l’obésité, plus précisément la propension à développer une obésité, et la nature du microbiote intestinal : composition en micro-organismes, diversité alpha… L’obésité, comme d’autres maladies telles que le diabète de type 2, est associée à une forme d’empreinte caractéristique du microbiote intestinal. Mais la question que tout le monde se pose encore, c’est de savoir si ces caractéristiques du microbiote sont une cause ou une conséquence de l’obésité

Le « régime cafétéria » fait grossir

Pour avancer face à cette épineuse question, une équipe de la School of Biomedical Sciences à Sydney (Australie) a mené ses propres investigations sur le rat en utilisant un modèle validé pour rendre les animaux obèses. Celui-ci est basé sur le célèbre régime dit « cafétéria », qui est utilisé depuis des décennies dans les recherches pour faire grossir des animaux. Il s’agit d’une alimentation riche en graisses, en sucres et en amidons raffinés, qui est gustativement attrayante pour l’animal, au point de le pousser à manger au-delà de ses besoins physiologiques. Ce modèle est utilisé pour refléter des caractéristiques de ce que l’on trouve chez les humains qui consomment une alimentation moderne occidentale. Contrairement aux études cliniques humaines à long terme, ce modèle animal permet de mieux contrôler les différents facteurs environnementaux susceptibles d’influer sur la prise de poids.

 À lire aussi : Obésité : mieux manger pour la prévenir

La propension à prendre du poids varie d’une personne à l’autre

On sait depuis longtemps que certaines personnes ont plus tendance à prendre du poids que d’autres. C’est vrai également chez l’animal. Certaines études ont montré que les animaux plus enclins à prendre du poids présentaient un microbiote intestinal différent de celui des animaux moins enclins à grossir. Certains en ont conclu que, plus que la nourriture, c’est le microbiote qui va déterminer si vous êtes à risque de prendre du poids ou non. Cependant, d’autres études n’ont pas montré de telles différences, ce qui laisse une grande place au doute sur le rôle causal du microbiote dans la prise de poids.

Cette méta-analyse interne porte sur des expériences conduites chez le rat depuis 2015, en utilisant toujours les mêmes procédures, la même composition du régime cafétéria et les mêmes techniques de mesure pour mesurer les apports alimentaires.

Des modifications du microbiote avec l’obésité

C’est la première fois qu’une méta-analyse portant sur la propension à développer une obésité induite par l’alimentation est associée à des changements de la diversité et de la composition du microbiote chez le rat. Que montre cette étude ? D’abord que le régime « cafétéria » a bel et bien un effet sur le microbiote des animaux, avec des changements marqués dans la composition globale, avec notamment une diminution de la richesse microbienne. L’obésité est associée, entre autres, à l’augmentation de certains genres (Bacteroides et Blautia). Cependant, une découverte importante est que la diversité alpha et la composition du microbiote ne différaient pas entre les rats prédisposés à l’obésité et ceux résistants à l’obésité, quel que soit le groupe alimentaire (régime cafétéria ou pas).

À lire aussi : Les édulcorants ne nuisent pas au microbiote intestinal

Le microbiote ne détermine pas la propension à grossir

Cette étude montre donc que si le microbiote est certes considérablement altéré par la consommation d’un régime cafétéria, ces changements semblent sans rapport avec la susceptibilité individuelle à la prise de poids. En d’autres termes, cela suggère que ce n’est pas votre microbiote intestinal qui va faire que vous allez prendre plus facilement du poids. Et, à l’inverse, ce n’est pas le microbiote intestinal qui peut vous protéger des méfaits d’un régime cafétéria gras et sucré.

Et à propos de microbiote, rappelons que l’étude clinique SWEET a montré que le remplacement des sucres par des édulcorants après un régime favorise non seulement le maintien d’une perte de poids plus élevée, mais est aussi associé à des modifications favorables dans la composition du microbiote intestinal.

Plus d’info sur l’étude SWEET ici

Référence :
Bhagavata Srinivasan S P et al. Gut Microbes Reports 2026;3 :2649442
https://doi.org/10.1080/29933935.2026.2649442

Le chocolat noir est-il vraiment plus sain que le chocolat au lait ?

Le week-end de Pâques est passé, mais avez-vous déjà terminé votre stock d’œufs en chocolat ? Probablement pas… et encore plus probablement, ils ne sont pas tous à votre goût. Chocolat noir, blanc ou lait ? Qu’est-ce qui détermine votre préférence ?

Experte en nutrition et auteure, la diététicienne-nutritionniste Lut Van Lierde décrypte, en s’appuyant sur les données scientifiques les plus récentes, nos préférences alimentaires et leur impact sur la santé.

Les préférences alimentaires sont un processus complexe influencé par de nombreux facteurs. Dans mon cabinet de diététique, j’entends souvent que les gens privilégient le chocolat noir. Mais lorsque je leur demande pourquoi, ce n’est pas toujours pour le goût. Beaucoup pensent que le chocolat noir est sain, ou du moins plus sain que le chocolat au lait.

Le chocolat noir doit probablement sa meilleure réputation à sa teneur plus élevée en cacao et plus faible en sucre que le chocolat au lait ou blanc. Mais est-il pour autant réellement plus sain ? Commençons par examiner sa composition.

Composition du chocolat

Le chocolat est principalement composé de pâte de cacao, de beurre de cacao et de sucre. Plus le chocolat est “ pur ”, plus il contient de cacao et moins de sucre.

Le cacao est majoritairement constitué de matières grasses (principalement saturées), de protéines, d’amidon et de fibres. Il contient également des minéraux comme le magnésium et le fer, ce qui explique que le chocolat noir contient une quantité un peu plus élevée de ces minéraux que le chocolat au lait.

Le cacao contient aussi des polyphénols, des composés aux propriétés antioxydantes. Le chocolat noir peut ainsi contenir jusqu’à 5 fois plus de flavanols (un type de polyphénols) que le chocolat au lait.
Le chocolat au lait, quant à lui, contient davantage de calcium.

Calories et valeurs nutritionnelles

Le chocolat noir contient certes moins du sucres que le chocolat au lait, mais il est plus riche en graisses (1/3 en plus) et, au bout du compte, en calories. Cela dit, toutes les formes de chocolat restent très énergétiques.

Même les “ chocolats diététiques ”, sans sucres ajoutés, contiennent à peine moins de calories que les versions classiques.

  Chocolat noir 70 % Chocolat au lait Chocolat au lait sans sucres ajoutés
kcal 555 553 486
kJ 2301 2230 2034
 
g/100 g
g/100 g
g/100 g
Protéines 8,3 7,8 7,2
Graisses 42,3 31 35,3
Graisses saturées 26,6 19 21,2
Glucides 28,7 55 9,7
Sucres 24,7 55 8,7
Fibres 13 2,6 8,5
Ca 49 225 208
Mg 176 58 45
Fe 5,4 1,7 0,9

Le chocolat noir est-il vraiment bon pour la santé ?

Certaines études sur le cacao et le chocolat noir montrent effectivement des effets positifs, notamment sur le système cardiovasculaire. Ils pourraient améliorer la circulation sanguine et contribuer à réduire la pression artérielle.

Un régime riche en flavanols serait également associé à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires.

Cependant, beaucoup de ces études présentent des limites importantes. Certaines utilisent des extraits de cacao très concentrés en flavanols. D’autres reposent sur des chocolats spécialement formulés, différents des tablettes et œufs en chocolat que l’on trouve en magasin.

Une revue « ombrelle » (analyse regroupant plusieurs revues systématiques) a bien trouvé un lien entre la consommation de chocolat et une diminution du risque cardiovasculaire, d’AVC et de diabète. Mais elle conclut que les preuves restent faibles, car ce lien ne peut pas être clairement attribué à la consommation de chocolat.

Alors, vaut-il mieux choisir le chocolat noir ?

Le cacao contient certes des nutriments intéressants, mais le chocolat — noir ou non — reste un produit riche en graisses et en sucre, dans des propositions variables.

Contrairement à d’autres catégories de denrées où le remplacement du sucre par des édulcorants entraine une nette réduction énergétique, pour le chocolat, même les versions sans sucres ajoutés restent presque aussi caloriques que les versions classiques.

En Belgique, on produit probablement certains des meilleurs chocolats au monde alors autant en profiter, mais avec modération.

* Conseil Supérieur de la Santé. Recommandations nutritionnelles pour la Belgique – 2016. Bruxelles: CSS; 2016. Avis n° 9285
** https://www.clinicalnutritionjournal.com/article/S0261-5614(18)30204-8/abstract

photo-lut

Qui est Lut Van Lierde ?

Lut Van Lierde est diététicienne-nutritionniste (Institut Paul Lambin – HE Vinci) et auteure du livre « Ligne », publié chez Soliflor. Elle a travaillé auparavant pendant 20 ans comme cadre dans l’industrie alimentaire.

Lut Van Lierde exerce en tant que diététicienne clinique dans son cabinet à Bruxelles, où elle a développé sa méthode « Nutrition Sensitive ». En tant que diététicienne indépendante, elle conseille des entreprises, notamment Le Pain Quotidien, pour lequel elle a établi les « Better Choice Criteria » qui indiquent les choix les plus sains sur le menu. Elle aime rendre la science nutritionnelle passionnante et accessible.

Une citation d’elle : « Traduire les informations scientifiques en assiette est le minimum olympique pour un diététicien. »

Comprendre l’index glycémique

L’index glycémique est parfois recommandé comme un repère utile pour éviter les pics de glycémie qui favorisent le stockage des graisses. Mais pour être bien compris et utilisé, quelques explications s’imposent.

L’effet du repas sur la glycémie

Si la glycémie ou le taux de sucre dans le sang augmente après un repas ou une collation, c’est parce que les glucides sont, au terme de la digestion, transformés en glucose qui passe dans le sang. L’index glycémique (IG) exprime la rapidité avec laquelle un aliment ou une boisson augmente le taux de sucre dans le sang (glycémie) : plus il est élevé, plus il va augmenter rapidement la glycémie. Or, une élévation importante de la glycémie entraîne le déclenchement d’une sécrétion importante d’insuline. Ce qui a pour inconvénient de favoriser la mise en réserve de l’énergie non utilisée sous forme de graisse. En clair, cela favorise la transformation du glucose en graisse. Voilà pourquoi certaines méthodes pour le contrôle du poids préconisent de privilégier les denrées avec un IG bas ou moyen. De plus, chez les personnes diabétiques, la production d’insuline est insuffisante, ce qui nécessite une attention particulière pour limiter les augmentations importantes de la glycémie.

L’index glycémique est fixe, la glycémie est variable

L’index glycémique des denrées est calculé pour une quantité fixe de glucides assimilables (hors fibres donc), à savoir 50 grammes. L’IG d’une denrée ne change donc pas. Cependant, une même denrée peut avoir des effets très différents sur la glycémie selon :

  • La quantité consommée : plus elle est importante, plus l’effet sur la glycémie sera important
  • Le contexte alimentaire : un aliment ou une boisson consommé(e) séparément, en dehors des repas (estomac vide) aura un effet sur la glycémie plus rapide que s’il est pris dans le cadre d’un repas. La mixité des nutriments dans l’estomac va en effet ralentir la vidange gastrique et retarder ainsi l’apparition du glucose dans le sang.

C’est pour tenir compte aussi de la quantité de glucides consommée qu’a été développé le concept de charge glycémique.

En savoir plus sur l’index et la charge glycémiques

Quelles sont les recommandations officielles concernant l’index glycémique ?

L’index glycémique est reconnu en tant que mesure, et il existe des tables très détaillées. Toutefois, il ne fait pas l’unanimité quant à son utilité réelle pour la santé. La plupart des recommandations alimentaires émanant d’instances nationales ou internationales n’accordent qu’une importance relative, voire aucune importance à l’index glycémique. L’Organisation Mondiale de la Santé, par exemple, reconnaît l’index glycémique comme un indicateur de la qualité des glucides, mais privilégie une approche globale basée sur la consommation d’aliments complets et riches en fibres : céréales complètes, légumes, fruits, et légumineuses. La limitation des sucres libres fait aussi partie de ces recommandations. L’instance ne recommande pas l’affichage systématique de l’IG sur les étiquettes des produits alimentaires (comme c’est parfois pratiqué dans certains pays comme les États-Unis et l’Australie) car les preuves liant l’IG seul à une réduction des maladies non transmissibles sont jugées trop faibles.

À lire aussi : À quoi correspondent les « sucres libres » ?

Les édulcorants basses calories et l’index glycémique

Quelle que soit l’importance accordée à l’index glycémique des aliments, sachez que lorsque les édulcorants basses calories sont utilisés à la place du sucre, cela entraîne une nette réduction de l’index glycémique. Et c’est normal, puisque les édulcorants basses calories ne se transforment pas en glucose sanguin, et sont de ce fait sans effet sur la glycémie. C’est particulièrement marqué dans le cas des boissons rafraîchissantes, où la totalité des sucres peut être remplacée par des édulcorants basses calories. D’ailleurs, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments a approuvé une allégation de santé qui stipule que l’augmentation de la glycémie après la consommation d’un aliment est plus faible lorsqu’un édulcorant remplace le sucre.

Vous voulez en savoir plus sur l’index glycémique des différentes boissons 
C’est par ici

Référence :
WHO updates guidelines on fats and carbohydrates ; 17 July 2023 

Moins de sucres :
les craintes des consommateurs

De nombreux consommateurs souhaitent réduire les sucres dans leur alimentation, mais redoutent les édulcorants basses calories. C’est ce que révèle une étude* menée par le BRC auprès de 1000 consommateurs en Belgique.

En 2023, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé que son agence de sécurité alimentaire, le JECFA (Comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires), rappelait que l’aspartame était sûr aux quantités autorisées et consommées. Parallèlement à cette annonce, une autre agence de l’OMS, l’Agence Internationale de Recherche contre le Cancer (IARC), a classé l’aspartame comme « cancérogène possible » (catégorie 2B, la même que les légumes au vinaigre [pickled vegetables] et l’aloe vera). Une catégorie qui correspond à un niveau de preuve insuffisant chez l’Homme, le niveau de preuve de cancérogénicité étant plus élevé pour la catégorie 2A – qui contient par exemple la viande rouge ou l’eau chaude – et encore plus la catégorie 1, dans laquelle figurent les boissons alcoolisées et la charcuterie. Malheureusement, c’est le classement de l’IARC qui a reçu toutes les attentions et marqué les esprits, entretenant une méfiance particulière à l’égard de cet édulcorant. Et cela transparait dans cette étude sur les comportements des consommateurs à l’égard du sucre et des édulcorants.

À lire aussi : L’aspartame est-il cancérigène ? Pas si vite !

L’aspartame fait parfois plus peur que le sucre !

Une précédente étude menée en 2023 peu après le rapport de l’IARC montre que plus de 1 consommateur sur 3 (36 %) considère erronément l’aspartame comme « probablement » ou « définitivement » cause de cancer, et seuls 17 % rapportent qu’il ne cause pas de cancer à condition de respecter la dose Journalière Admissible (ce qui est pourtant l’avis des agences de sécurité alimentaire, en Europe et dans le reste du monde). Plus d’une personne sur deux (54 %) pense que les agences de sécurité recommandent d’éviter l’aspartame, ce qui n’est pas le cas. Parmi les personnes qui se disent au moins un peu préoccupées par l’aspartame, 45 % déclarent qu’elles vont arrêter de boire des boissons contenant de l’aspartame et se diriger vers autre chose. Et dans 1 cas sur 3, cette « autre chose » est une boisson avec sucres plutôt qu’avec aspartame.

Pour le poids : réduire les sucres avant tout

Dans l’étude 2026, gérer son poids est quelque chose qui est considéré comme important pour 7 participants sur 10. Pour y arriver, les participants déclarent essayer de réduire avant tout leur consommation de sucre (87 %), suivi des matières grasses (83 %) et des calories (74 %).  Pour réduire le sucre, la stratégie la plus fréquemment adoptée est de réduire la fréquence de consommation d’aliments et de boissons sucrés (63 %), de réduire la taille des portions (40 %) et de remplacer le sucre par des édulcorants basses calories (34 %). Si 1/3 des participants qui veulent réduire les sucres sont d’accord avec le fait que les personnes ne devraient jamais boire de boisson sucrée, mais boire uniquement de l’eau, 61 % d’entre elles confirment qu’elles veulent profiter de la saveur sucrée et admettent qu’elles boivent une boisson sucrée au moins une fois par mois (et 26 % chaque semaine).

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Édulcorants : les différences entre le Nord et le Sud

Bien que la Belgique soit un petit pays, les édulcorants basses calories sont vus de manière sensiblement différente dans le Nord et le Sud. Ainsi, les francophones sont plus nombreux à déclarer ne pas remplacer le sucre par des édulcorants basses calories (52 %) que les néerlandophones (42 %), et ne pas choisir de produits avec des édulcorants basses calories (42 % versus 31 %). Par ailleurs, 41 % des francophones estiment qu’ils ne connaissent pratiquement rien sur les édulcorants basses calories, contre 34 % des néerlandophones. L’appréciation des risques va dans le sens inverse des connaissances : dans le Nord, les bénéfices attribués aux édulcorants basses calories (52 %) viennent avant les risques (46 %), alors que dans le Sud, les risques attribués aux édulcorants basses calories (46 %) devancent les bénéfices (33 %).

La peur de l’artificiel toujours en tête

Pour quelles raisons les édulcorants basses calories font-ils peur, alors qu’ils sont sous haute surveillance des agences sanitaires pour garantir leur sécurité ? C’est avant tout le caractère artificiel qui est cité pour plus de la moitié (56 %) des participants. Une crainte qui n’est pas rationnelle, dans la mesure ou le caractère naturel ou artificiel ne change rien à l’évaluation de la sécurité d’une substance…

Autre fait interpellant : presque 1 personne sur 2 (48 %) avance que les édulcorants basses calories peuvent causer un cancer. Enfin, plus de 1 personne sur 3 (36 %) estime qu’ils nuisent à la santé intestinale (alors que l’étude humaine SWEET a montré que les édulcorants sont associés à des effets positifs sur le microbiote intestinal…). Le goût des édulcorants basses calories est, quant à lui, reproché par une personne sur quatre (26 %). Notons aussi que ceux qui perçoivent le plus les risques des édulcorants basses calories sont plus nombreux à préférer les boissons sucrées que les boissons avec pas ou peu de calories.

Ces données montrent à quel point les édulcorants basses calories sont un sujet sur lequel il est bien nécessaire d’apporter des informations fiables, basées sur la science. D’ailleurs, près de 8 répondants sur 10 (78 %) estiment que les autorités officielles devraient les informer clairement sur le fait que les édulcorants sont ou ne sont pas sûrs.

À lire aussi : Les substances « naturelles » sont-elles plus sûres ?

 * Étude réalisée par l’agence de recherche Brand and Reputation Collective auprès de 1 000 consommateurs en Belgique, entre le 22 et le 30 janvier 2026. L’échantillon de l’enquête était représentatif de la population nationale en termes de sexe, d’âge et de région. L’enquête a été menée en français et en néerlandais.

Un allié efficace dans la perte de poids

Perdre du poids est difficile, mais éviter de reprendre du poids l’est encore plus. Le fameux effet yo-yo guette. Cela dit, il y a une bonne nouvelle pour les personnes en surpoids : une nouvelle étude internationale à long terme montre clairement que les édulcorants basses calories peuvent effectivement contribuer à une perte de poids durable.

Experte en nutrition et auteure, la diététicienne-nutritionniste Lut Van Lierde décrypte, en s’appuyant sur les données scientifiques les plus récentes, le rôle des édulcorants basses calories dans la gestion du poids.

 

« SWEET » est le nom approprié de cet essai contrôlé randomisé, qui a impliqué 341 adultes dans quatre pays européens. Ils ont été divisés en deux groupes et étroitement surveillés pendant une période de douze mois. Les chercheurs souhaitaient étudier l’influence du remplacement du sucre par des édulcorants basses calories sur les fluctuations de poids et sur la composition du microbiote intestinal.  Au total, 203 adultes ont terminé l’essai, ce qui est largement suffisant pour aboutir à des conclusions solides.

La professeure Ellen Blaak (Université de Maastricht), l’une des principales auteures de l’étude, nous a récemment expliqué les résultats.

Les participants ont d’abord suivi un régime supervisé au cours duquel ils ont perdu au moins cinq pour cent de leur poids initial en l’espace de deux mois. Ensuite, pendant dix mois, un groupe s’est vu conseiller de remplacer autant de sucres ajoutés que possible par des édulcorants basses calories (boissons gazeuses sucrées par variante zéro, cookies classiques par des versions sans sucre, etc.), tandis que l’autre groupe n’utilisait pas d’édulcorants.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Bien que les deux groupes aient repris du poids après le régime, celui qui a utilisé des édulcorants basses calories a maintenu une perte de poids significativement plus importante que celui qui n’a consommé que du sucre.  La différence était en moyenne de 1,6 kg à la fin de la période d’essai. Chez ceux ayant le taux d’adhésion le plus élevé, la différence allait jusqu’à 3,7 kg : plus les participants choisissaient régulièrement les édulcorants, plus la perte de poids était importante. De plus, dans le microbiote intestinal des participants du groupe des édulcorants, davantage de bactéries produisant des acides gras à courtes chaînes ont été observées, ce qui est également associé à un effet positif sur la santé.

L’étude menée par la professeure Blaak et ses collègues apporte un éclairage nouveau sur l’utilité des édulcorants basses calories comme soutien à la perte de poids durable chez les personnes en surpoids. Éviter les sucres ajoutés reste l’une des stratégies les plus courantes pour perdre du poids, mais c’est aussi une règle difficile à respecter. En utilisant des édulcorants, cela devient plus facile et les chances de succès augmentent.

Qui sait, peut-être que « régime » retrouvera le sens originel que lui donnaient les Grecs anciens : pas un régime minceur, mais un mode de vie sain dans tous ses aspects. Pas pour un moment, mais pour la vie.  Si les édulcorants basses calories peuvent nous aider à ce niveau, c’est un plus.

À lire aussi : Les édulcorants basses calories, utiles pour maintenir la perte de poids

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Qui est Lut Van Lierde ?

Lut Van Lierde est diététicienne-nutritionniste (Institut Paul Lambin – HE Vinci) et auteure du livre « Ligne », publié chez Soliflor. Elle a travaillé auparavant pendant 20 ans comme cadre dans l’industrie alimentaire.

Lut Van Lierde exerce en tant que diététicienne clinique dans son cabinet à Bruxelles, où elle a développé sa méthode « Nutrition Sensitive ». En tant que diététicienne indépendante, elle conseille des entreprises, notamment Le Pain Quotidien, pour lequel elle a établi les « Better Choice Criteria » qui indiquent les choix les plus sains sur le menu. Elle aime rendre la science nutritionnelle passionnante et accessible.

Une citation d’elle : « Traduire les informations scientifiques en assiette est le minimum olympique pour un diététicien. »

Les édulcorants basses calories, utiles pour maintenir la perte de poids

Une étude clinique randomisée et contrôlée montre que le remplacement prolongé du sucre par des édulcorants basses calories améliore le maintien de la perte de poids, tout en exerçant des effets favorables sur le microbiote intestinal.

Pourquoi remplacer le sucre par des édulcorants basses calories ?

Lorsqu’ils sont utilisés à la place du sucre, les édulcorants basses caloriespermettent de réduire l’apport énergétique, favorisant ainsi une perte de poids modeste, mais significative. Pourtant, leur rôle fait encore débat. Certaines études d’observation ont mis en évidence une association entre consommation d’édulcorants et obésité, conduisant parfois à des conclusions erronées selon lesquelles ces produits favoriseraient la prise de poids.

Il est important de rappeler que les études d’observation ne permettent pas d’établir un lien causal. Cette association retrouvée dans ce type d’études s’explique en grande partie par le fait que les personnes en surpoids ou atteintes de diabète de type 2 cherchent plus souvent à réduire leur consommation de sucre et se tournent donc vers des alternatives sans sucres ajoutés.

Par contre, la présente étude baptisée SWEET (Sweeteners and Sweetness Enhancers: Prolonged Effects on Health, Obesity and Safety ») se distingue précisément par son haut niveau de preuve, puisqu’il s’agit d’un essai randomisé contrôlé, le standard de référence en recherche clinique.

Une étude majeure sur le poids et le microbiote intestinal

L’étude SWEET, publiée dans la revue Nature Metabolism, a évalué l’impact à long terme des édulcorants basses calories et d’exhausteurs de goût sucré* sur le poids corporel et le microbiote intestinal chez les personnes en surpoids ou obèses.

Méthodologie :

  • 341 adultes et 38 enfants en surpoids ou obèses.
  • Phase initiale pour les adultes : 2 mois de restriction énergétique avec un objectif de ≥ 5 % de perte de poids
  • Phase de maintien de 10 mois pour les participants ayant atteint l’objectif : répartition aléatoire en deux groupes :
    • Groupe édulcorants (140 participants) : remplacement du sucre des aliments et boissons par des édulcorants basses calories
    • Groupe contrôle (137 participants) : absence d’édulcorants
  • Dans les deux groupes, les sucres ajoutés devaient rester à moins de 10 % de l’apport énergétique total jusqu’au terme.

Une reprise de poids significativement plus faible

Après les 2 mois de perte de poids, les participants avaient perdu en moyenne 10 kg, soit environ 10 % de leur poids corporel.

Au cours de la période de stabilisation, les participants ont progressivement repris du poids, ce qui est généralement le cas après une période de perte de poids. Tous ont cependant maintenu une perte de poids supérieure à 5 % de leur poids corporel, mais avec une différence entre les deux groupes : la reprise de poids s’est avérée significativement plus faible dans le groupe consommant des édulcorants que dans le groupe contrôle :

Après 1 an :

  • Groupe édulcorants : –7,2 kg maintenus
  • Groupe contrôle : –5,6 kg maintenus
  • Différence : +1,6 kg en faveur du groupe édulcorants

Par ailleurs, les apports en sucres ont été réduits de moitié dans le groupe édulcorants, par rapport à l’autre groupe, confirmant l’efficacité réelle de la substitution.

Des effets favorables sur le microbiote intestinal

Pratiquement tout ce que nous consommons influence le microbiote intestinal. La question clé n’est donc pas de savoir s’il est modifié, mais si ces modifications sont bénéfiques ou délétères. C’est un point que les chercheurs ont également examiné dans cette étude.

Résultat : ils ont constaté, dans le groupe « édulcorants », des changements microbiens intestinaux qui sont plutôt favorables.

En effet, les scientifiques ont observé notamment une plus grande abondance de bactéries productrices d’acides gras à chaîne courte, qui sont associés à une meilleure régulation métabolique. Pour les auteurs, cet effet sur le microbiote pourrait d’ailleurs contribuer à expliquer les meilleurs résultats obtenus sur le maintien de la perte de poids. Aucun effet de dysbiose (déséquilibre du microbiote intestinal, comme une diminution des « bonnes » bactéries, une augmentation des « mauvaises » bactéries, et/ou une diminution de sa diversité) et aucun effet cardiométabolique n’est apparu avec l’utilisation des édulcorants.

Des preuves solides à prendre en compte

Cette étude, qui représente à ce jour un des plus importants essais randomisés contrôlés, apporte donc des preuves robustes et de qualité en faveur d’un rôle bénéfique de l’utilisation prolongée des édulcorants basses calories dans la gestion du poids.

Ces résultats questionnent la recommandation conditionnelle de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publiée en 2023, qui déconseillait l’utilisation d’édulcorants pour le contrôle du poids, et en évoquant un risque cardiométabolique potentiel.

Au contraire, cette recherche montre bel et bien que l’intégration d’édulcorants basses calories dans une alimentation saine et pauvre en sucre :

  • favorise le maintien de la perte de poids
  • n’altère pas la santé cardiométabolique
  • n’altère pas le microbiote intestinal

Dans la même édition, les spécialistes Sarah Schmitz et Louis Aronne (Comprehensive Weight Control Center, Division of Endocrinology, Diabetes & Metabolism, Weill Cornell Medicine, New York), commentent la portée de cette découverte dans un article intitulé « The SWEET spot for weight maintenance »:

« L’essai SWEET confirme que le remplacement du sucre par des édulcorants et exhausteurs de goût sucré dans les aliments et les boissons peut favoriser le maintien du poids et ne semble pas nuire à la santé cardiométabolique sur une période d’un an ».

* Les exhausteurs de goût sucré sont des substances qui ne possèdent pas de saveur sucrée propre à faible dose, mais qui ont la capacité d’amplifier la perception du sucre déjà présent dans un aliment ou une boisson. Certains, comme la thaumatine et la néohespéridine DC, sont malgré tout classés parmi les édulcorants dans la réglementation européenne.

Références scientifiques :
Pang M.D. et al. Nat Metab. 2025 Oct 7. https://doi.org/10.1038/s42255-025-01381-z
• Schmitz S., Aronne L. Nat Metab 2025 Oct 7. https://doi.org/10.1038/s42255-025-01382-y

Diabète : l’eau ne fait pas mieux que les boissons light/zero !

L’eau est la première des boissons recommandées. Mais est-ce qu’en cas de diabète, remplacer les boissons light/zero par de l’eau offre un avantage sur la glycémie et le poids ? Cette étude rigoureuse démontre que ce n’est pas le cas.

Remplacer les boissons light/zero par de l’eau : l’étude « SODAS »

Cette étude, publiée dans la prestigieuse revue scientifique Diabetes Care (revue officielle de l’American Diabetes Association), a été baptisée « SODAS ». Non pas parce qu’elle est financée par l’industrie des boissons rafraîchissantes – elle a été entièrement financée par le National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (National Institutes of Health) – mais parce que c’est l’acronyme de « Study of Drinks with Artificial Sweeteners in People with T2D ». Elle a été menée par des chercheurs de l’Université de Californie à Irvine et de l’Université du Minnesota à Minneapolis selon un protocole rigoureux. Ils voulaient voir dans quelle mesure il était préférable, pour des personnes avec un diabète de type 2, de boire de l’eau plutôt que des boissons light/zero sans sucres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont été surpris par les résultats…

24 semaines pour suivre l’évolution de la glycémie

Dans cette étude1, 181 adultes avec un diabète de type 2 et consommateurs réguliers de boissons light/zero sans sucres ont été répartis de façon randomisée en deux groupes : l’un continuait sa consommation habituelle de boissons light/zero sans sucres (groupe contrôle), l’autre remplaçait les boissons light/zero par de l’eau (gazeuse ou plate, mais non aromatisée).

La consommation journalière était de 24 onces (environ 710 ml) de boissons light/zero sans sucres. Cette intervention a duré 24 semaines, le temps d’avoir une vue sur l’évolution des paramètres clés. 179 personnes ont terminé l’étude, ce qui est un taux élevé pour ce type d’investigations.

Contrairement à l’hypothèse de départ des chercheurs, à savoir qu’il serait meilleur de passer à l’eau, il n’y a eu aucune amélioration des marqueurs du taux de sucre dans le sang chez les personnes ayant remplacé les boissons light/zero sans sucres par l’eau. Au contraire, il y a même eu une légère augmentation du principal marqueur suivi :  l’hémoglobine glyquée, qui reflète le taux de sucre dans le sang au cours des 3 derniers mois. Elle est passée de 7,20 % à 7,44 % dans le groupe assigné à l’eau (alors qu’elle a très légèrement diminué dans le groupe boissons light/zero, passant de 7,19 % à 7,14 %).

Des résultats qui ne corroborent pas les recommandations actuelles

Même tendance pour d’autres marqueurs de la glycémie. Ainsi, le taux de fructosamine – qui reflète la glycémie moyenne au cours des 2 à 3 semaines précédentes – n’a pas changé dans le groupe boissons light/zero, et il a même légèrement augmenté dans le groupe « eau », avec une différence moyenne de 6,22 µMol/l. Le taux moyen de glucose mesuré à jeun au cours des 24 semaines est passé de 147,5 mg/dl à 149,2 mg/dl dans le groupe boissons light/zero et de 147,6 mg/dl à 153,7 mg/dl dans le groupe « eau », soit ici aussi, une évolution moins favorable pour l’eau.

Les auteurs relèvent également que le poids est resté stable dans le groupe « eau », alors qu’il a légèrement diminué dans le groupe boissons light/zero : la différence moyenne du changement est estimée à 1,11 kg par rapport au groupe « eau ».

Les auteurs concluent en toute logique que leurs résultats suggèrent que chez les personnes diabétiques qui consomment habituellement des boissons light/zero sans sucres, les remplacer par de l’eau n’améliore aucune mesure clinique liée à la glycémie ou au poids au cours de 24 semaines. Et que contrairement à leur hypothèse, les patients qui ont remplacé les boissons light/zero par de l’eau ont même une augmentation de l’hémoglobine glyquée qualifiée de « cliniquement et statistiquement significative ».

Ils déclarent que les résultats sont contraires à l’hypothèse et ne corroborent pas les recommandations actuelles en matière de thérapie nutritionnelle médicale et d’alimentation pour les personnes atteintes de DT2.

Une étude majeure avec une couverture médiatique mineure

Bizarrement, cette étude pourtant très solide d’un point de vue scientifique, et dont les résultats sont importants, surtout pour de nombreuses personnes avec un diabète de type 2, n’a pas fait les grands titres dans les médias (alors que de nombreuses études alarmistes, nettement moins solides, le font facilement).

Dans un article sur le site de Vie Associative2, le rédacteur Julien s’en étonne : « Cette étude, pourtant solide, n’a presque pas été médiatisée, contrairement aux études suggérant que les édulcorants sont mauvais pour la santé, et dont les preuves ne sont jamais très solides ». Il s’est entretenu avec un célèbre épidémiologiste : Gidean Meyerowitz-Katz, de l’Université de Wollongong (Australie), spécialisé dans le diabète. Ce dernier déclare, à propos de cette étude à laquelle il n’a pas participé : «  C’est bien plus solide que la plupart des données scientifiques qui bénéficient d’une couverture médiatique ». Et d’ajouter, pour conclusion, qu’au pire, il n’y a aucune différence entre les boissons light/zero sans sucres et l’eau lorsqu’il s’agit de contrôler le diabète. Au mieux, les boissons light/zero pourraient être légèrement meilleures. 

  1. Odegaard A O et al. Diabetes Care 2026;49(2):239-246. https://doi.org/10.2337/dc25-1516
  2. Vie Associative, 23 janvier 2026. Lien vers l’article

Plus de plaisir avec moins de sucres ajoutés

Saviez-vous que réduire les sucres ajoutés dans votre alimentation ne doit pas forcément se faire au détriment du goût ?

Michaël Sels, chef cuisinier, diététicien et spécialiste en sciences nutritionnelles à l’UZ Anvers, partage ses conseils pour remplacer le sucre de manière savoureuse tout en continuant d’apporter à votre corps des nutriments essentiels.

Une consommation excessive de sucre a un impact négatif sur la santé. Elle favorise les variations de la glycémie et peut augmenter le risque de surpoids et d’obésité. L’obésité accroît à son tour le risque de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Limiter les sucres ajoutés dans son alimentation est donc essentiel.

Remplacer plutôt que supprimer

Réduire les sucres ajoutés ne signifie pas qu’il faut tout éviter ou supprimer. « C’est pourtant comme cela que beaucoup de personnes l’envisagent », explique Michaël Sels. « C’est difficile de s’enthousiasmer à l’idée de devoir constamment renoncer. Essayez plutôt d’inverser la logique et d’ajouter davantage de bonnes choses. Cela permet non seulement d’avoir plus de nutriments, mais aussi plus de plaisir alimentaire. »

Par exemple, vous pouvez adapter les proportions en ajoutant davantage d’endives braisées à votre plat festif et en diminuant la quantité de confiture servie avec le gibier (une cuillère à café au lieu d’une cuillère à soupe), ou remplacer la confiture par des légumes naturellement sucrés comme la courge ou le panais.

Même principe pour les desserts : mieux vaut remplacer que supprimer. Remplacez le sucre par des édulcorants à faible teneur calorique pour conserver la saveur sucrée et continuez à vous faire plaisir. Mais Michaël Sels rappelle que cuisiner avec des édulcorants est différent de cuisiner avec du sucre : « Le sucre n’apporte pas que le goût sucré. Il influence aussi la texture et la couleur, pensez par exemple à la caramélisation. Il faut donc utiliser des édulcorants capables de reproduire ces caractéristiques pour obtenir un résultat satisfaisant. » En plus de leur goût sucré, les édulcorants basses calories présentent un avantage supplémentaire : ils permettent de limiter la hausse de la glycémie après un repas ou une collation.

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Les conseils de Michaël Sels pour des recettes 100 % réussies

Une recette d’hiver sans sucres ajoutés

Michaël Sels partage une délicieuse recette de biscuits à savourer au coin du feu : des biscuits chocolat-orange à base de haricots noirs. Sans sucres ajoutés, ils constituent aussi une source inattendue de protéines végétales. « La force de cette recette, c’est qu’elle contient des légumineuses », explique-t-il. « Le Belge moyen en consomme très peu, et beaucoup manquent d’inspiration pour les cuisiner, alors qu’elles ont tout à fait leur place dans notre alimentation. En ajouter dans des desserts ou des en-cas est une bonne manière d’en consommer davantage. »

Cette recette contient également des fibres provenant des fruits secs. Les fibres contribuent à ralentir la digestion, ce qui favorise une glycémie plus stable.

En savoir plus sur Michaël Sels sur LinkedIn : www.linkedin.com/in/michaelsels

Biscuits chocolat-orange aux haricots noirs

Pour 15 à 20 biscuits :

Temps de préparation : 15 min
Temps de cuisson : 15 min

Des haricots dans un biscuit ? Cela peut sembler étrange, mais le résultat est délicieux ! L’association chocolat-orange rappelle les célèbres biscuits Pims.

Ingrédients :

  • 50 g de margarine
  • 50 g de chocolat noir
  • 6 c. à s. de jus d’orange fraîchement pressé
  • 2 c. à s. de zeste d’orange
  • 100 g d’abricots secs
  • 400 g (1 boîte) de haricots noirs
  • 85 g de beurre de cacahuète
  • 25 g de substitut de sucre à base de glycosides de stéviol (1:1)
  • 1 c. à c. de levure chimique
  • 50 g de farine complète
  • 2 c. à s. de cacao en poudre

Préparation :

  • Préchauffez le four à 180°C.
  • Faites fondre la margarine et le chocolat à feu doux.
  • Mixez le jus d’orange, le zeste et les abricots.
  • Rincez et égouttez les haricots.
  • Ajoutez les haricots, le beurre de cacahuète et le substitut de sucre au mélange d’abricots et mixez pour obtenir une pâte lisse. Incorporez le chocolat fondu.
  • Mélangez la farine complète, le cacao et la levure dans un autre récipient.
  • Combinez les ingrédients secs et humides.
  • Formez 15 à 20 petites boules, aplatissez-les légèrement sur une plaque recouverte de papier cuisson et enfournez 12 à 15 minutes.

Royaume-Uni : 3 instances de référence confirment l’utilité des édulcorants basses calories

Au Royaume-Uni, trois agences de santé et de nutrition statuent positivement sur l’utilité des édulcorants basses calories pour réduire la consommation de sucres ajoutés.

Sept ans après leur dernière déclaration commune datant de 2018, trois agences de santé et de nutrition du Royaume-Uni (la British Dietetic Association, la British Nutrition Foundation et Diabetes UK) publient un nouveau « Position statement » sur les édulcorants basses calories1. Les experts de ces agences ont passé en revue les données scientifiques les plus récentes sur le sujet, tout en prenant en compte les points d’attention et de préoccupation du grand public. Objectif : fournir des repères fiables et actualisés sur le sujet à l’attention des professionnels de santé, ainsi que des recommandations actualisées pour la recherche, les décideurs politiques et l’industrie alimentaire.

Dans ce travail, les trois agences reconnaissent les avantages des édulcorants basses calories comme choix positif pour les personnes atteintes de diabète et celles qui cherchent à contrôler leur consommation de sucre. En outre, elles considèrent que le remplacement des sucres par des édulcorants basses calories peut jouer un rôle positif dans la gestion du poids.

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« Il existe de nombreux mythes et idées fausses sur les édulcorants, même parmi les professionnels de santé. Il est toutefois essentiel que nous fournissions aux patients des conseils personnalisés et fondés sur des preuves scientifiques. Cette déclaration de principe, accompagnée du document d’information qui la soutient, a pour but de nous aider à atteindre cet objectif. » Paul McArdle, président du conseil d’administration de la British Dietetic Association et co-auteur du rapport2.

Le statement réaffirme la sécurité des édulcorants

Premier constat : les édulcorants basses calories approuvés sont considérés comme sûrs lorsqu’ils sont consommés dans le cadre de la dose journalière acceptable (DJA). Depuis que le Royaume-Uni a quitté l’Union l’Européenne, c’est la Food Standards Agency (FSA) qui assume la responsabilité de l’évaluation de la sécurité des additifs alimentaires, dont les édulcorants basses calories font partie, au Royaume-Uni. Et la FSA a décidé de rester alignée sur la position de l’Agence Européenne EFSA concernant leur sécurité et leur utilisation.

Les experts ont également examiné les études récentes portant sur un éventuel lien entre les édulcorants basses calories et différents cancers chez l’humain. Leur conclusion : dans l’ensemble, ces études ne suggèrent pas de lien direct entre la consommation d’édulcorants basses calories dans les limites recommandées et le risque de cancer ou de mortalité par cancer. Le rapport précise également que la consommation actuelle de la population est inférieure à la limite de la DJA, et qu’il est extrêmement difficile pour une personne avec une alimentation courante d’atteindre la DJA pour n’importe quel édulcorant basses calories.

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Les édulcorants sont un bon choix pour le contrôle du sucre

Le deuxième point du rapport est majeur, car il répond au rapport de l’OMS de 2023 qui ne recommandait pas les édulcorants basses calories comme stratégie de perte de poids. Après avoir examiné les données récentes, les experts concluent que les édulcorants basses calories peuvent faire partie d’une stratégie de gestion du poids et du diabète, tout en précisant qu’ils ne constituent pas une solution à eux seuls. En d’autres termes, ils ne sont pas une baguette magique, mais peuvent être utiles en complément d’autres mesures.

Les experts précisent que des habitudes alimentaires saines et équilibrées, limitant les sucres, les acides gras saturés et le sel, et favorisant les fibres (fruits, légumes, céréales complètes) restent essentielles.

Ils ajoutent que, pour les consommateurs réguliers de boissons sucrées (boissons avec sucres ajoutés), les boissons sans sucres contenant des édulcorants basses calories (boissons light/zero sans sucres) peuvent constituer une alternative utile, en particulier pour les personnes qui présentent un risque élevé de diabète de type 2. L’eau reste bien sûr le meilleur choix, mais les boissons édulcorées sans sucres peuvent accompagner une transition progressive vers une consommation réduite de boissons avec sucres ajoutés.

À lire aussi : L’OMS publie un rapport sur les édulcorants

Le rôle essentiel des professionnels de santé

La déclaration commune souligne le rôle des professionnels de santé et l’importance de fournir des conseils individualisés et basés sur la science. Les recommandations sont les suivantes :

  • Lorsque cela est approprié, envisager l’inclusion des édulcorants basses calories dans une approche progressive visant à améliorer la qualité de l’alimentation et à réduire la consommation de sucres libres, tout en encourageant le choix d’aliments riches en nutriments.
  • Les édulcorants basses calories ne doivent pas être utilisés comme principale modification alimentaire pour favoriser la gestion du poids. Les interventions alimentaires doivent viser l’amélioration de la qualité globale de l’alimentation.
  • Pour la gestion du diabète, le remplacement des sucres libres, y compris ceux présents dans les boissons sucrées, par des édulcorants basses calories et des boissons sans sucres édulcorées peut être une stratégie efficace pour réduire la consommation de glucides et gérer la glycémie post-prandiale.
  • Encourager les personnes atteintes de diabète à surveiller l’impact du remplacement des sucres libres par des édulcorants basses calories sur la gestion de leur diabète et leur poids corporel.

Enfin le rapport souligne le besoin de poursuivre les recherches et d’améliorer les données pour mieux comprendre la consommation des édulcorants basses calories, notamment dans le contexte de la reformulation des aliments et boissons, ainsi que pour continuer à évaluer leurs effets à long terme sur la santé et les comportements.

Vous pouvez retrouver le rapport complet ici

Références :
• British Dietetic Association, British Nutrition Foundation and Diabetes UK. Insight Document on Low- and No-Calorie Sweeteners. October 2025.
• British Dietetic Association. Low or no calorie sweeteners deemed safe in new position statement. 24 October 2025
.

Muffins aux bananes et myrtilles

À l’occasion de la Journée mondiale du diabète, le Conseil diététique de l’Association du Diabète propose une recette simple et savoureuse : des muffins aux bananes et aux myrtilles, sans sucres ajoutés.

«  Les muffins aux bananes et myrtilles sont parfaits pour satisfaire vos envies sucrées tout en respectant votre glycémie. Tout est une question de portion. Ces muffins sont non seulement délicieux mais aussi riches en fibres et pauvres en graisses.  »
Emanuelle Chmielewski, Présidente du Conseil Diététique de l’Association du Diabète.

Ingrédients (pour 16 muffins)

  • 150 g de farine d’épeautre complète (T150)
  • 40 g de son de blé
  • 2 bananes moyennes bien mûres
  • 250 g de myrtilles
  • 125 ml de lait écrémé
  • 2 càc de bicarbonate de soude
  • 25 g d’édulcorant en poudre à base de sucralose
  • 50 g de margarine
  • 1 œuf
  • 50 g de flocons d’avoine + 1 càs pour la finition

Préparation

  • Préchauffer le four à 180°C
  • À l’aide d’une fourchette, écraser les bananes dans un bol
  • Faire fondre la margarine et l’incorporer aux bananes écrasées
  • Ajouter le lait, l’oeuf, l’édulcorant, le bicarbonate et bien mélanger
  • Ajouter petit à petit, en pluie, la farine et le son
  • Une fois que la pâte est bien homogène, ajouter les flocons d’avoine et les myrtilles tout en mélangeant doucement
  • Répartir le mélange dans des moules à cupcakes ou muffins en silicone et décorer avec les flocons d’avoine restants
  • Enfourner entre 18 et 20 minutes
  • Laisser refroidir et déguster
VALEURS NUTRITIONNELLES par muffin

Valeur énergétique = 437 kJ / 100 kcal
Matières grasses : 3,5 g
Glucides : 1 g
Protéines : 3,5 g
Fibres : 3 g 

Recette extraite du livre “ Mon assiette au fil des saisons ”
de l’Association du Diabète.

Les édulcorants et les maladies
du foie gras MASLD

L’accumulation de graisses dans le foie est associée à la maladie chronique du foie la plus répandue au monde : la MASLD. Quel rôle les édulcorants basses calories jouent-ils dans la MASLD ? Nous décryptons.

Le développement fulgurant de l’obésité dans le monde a de nombreuses conséquences néfastes sur l’état de santé : cette accumulation excessive de graisse est étroitement liée au diabète de type 2, mais aussi aux maladies cardiovasculaires, à certains cancers et à des maladies du foie. Parmi elles, la notion de MASLD est apparue en 2023, et constitue désormais la maladie chronique hépatique la plus répandue au monde.

Qu’est-ce que la MASLD ?

La MASLD est l’acronyme de « Metabolic Dysfunction-Associated Steatotic Liver Disease » ou maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique. Cela désigne un état où l’accumulation de graisses dans le foie, qui n’est pas due à la consommation d’alcool, cause des troubles du fonctionnement du foie. Le terme MASLD fait suite à d’autre noms comme la maladie du foie non alcoolique ou NAFLD (non-Alcoholic Fatty Liver Disease) et la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique ou MAFLD (Metabolic Dysfunction-Associated Fatty Liver Disease).

En clair, la MASLD englobe différentes affections du foie, parmi lesquelles :

  • La stéatose hépatique simple (accumulation de graisses, sans autres manifestations visibles)
  • La stéatohépatite (inflammation du foie qui peut évoluer vers une fibrose)
  • La cirrhose
  • Le carcinome hépatocellulaire

À lire aussi : Comment le sucre donne-t-il de la graisse ?

Qu’est-ce qui cause la MASLD ?

L’obésité est la cause la plus courante de MASLD : on estime qu’environ 3 personnes en situation d’obésité sur 4 présentent une MASLD. Cela s’explique en grande partie par l’impact du tissu adipeux (qui est donc anormalement important dans l’obésité) sur le fonctionnement de l’organisme (notamment sur la régulation du taux de sucre dans le sang). Le développement de la MASLD est cependant complexe et implique différents facteurs interconnectés. Pour faire simple, la MASLD est vue généralement comme le reflet de facteurs liés à un mode de vie moderne, dont une alimentation déséquilibrée, l’inactivité physique, le stress chronique

Édulcorants à basses calories et MASLD

La consommation excessive de sucre est un facteur bien identifié dans le développement de la MASLD. La réduction de sucres, notamment avec l’appui des édulcorants basses calories, est donc vue comme une stratégie utile, que ce soit dans la prévention mais aussi pour le traitement de la MASLD. Mais les édulcorants font régulièrement l’objet de recherches qui aboutissent à des résultats contre-intuitifs. C’est notamment le cas d’une étude chinoise parue en 2025, qui suggère que non seulement les boissons sucrées, mais également celles avec des édulcorants basses calories, étaient associées à la MASLD : selon cette étude, la consommation de plus de 330 ml par jour de boissons faiblement ou non sucrées avec édulcorant (LNSSB) ou de boissons sucrées (SSB) était associée à une augmentation respective de 60% et 50% du risque de développer une MASLD.

À lire aussi : Goût sucré, goût pour le sucre, quelle différence ?

MASLD, sucres et édulcorants

Ces résultats n’ont rien de surprenant pour les boissons sucrées : les sucres, en particulier certains sucres comme le fructose, sont connus pour pouvoir se transformer en graisse au niveau du foie. Mais pour les édulcorants basses calories, c’est nettement plus surprenant, aucun mécanisme de ce type ne pouvant être raisonnablement avancé. Les auteurs suggèrent que cela pourrait être en rapport avec des modifications du microbiote intestinal, ce qui, sur base des travaux déjà réalisés, paraît très hypothétique… Cela n’a pas empêché un article d’un quotidien de titrer : « Contrairement à ce que l’on pensait auparavant, passer des boissons gazeuses classiques aux boissons light ne garantit donc pas une diminution du risque de problèmes hépatiques ».

Interrogée sur ce sujet, la professeure Anja Geerts (UGent) explique que « Les principaux facteurs de risque pour cette forme de stéatose hépatique (MASLD) sont le surpoids, le diabète et un taux de cholestérol élevé ».

Elle explique qu’aucune boisson n’est responsable de tout ce qui peut mal tourner, et qu’en fin de compte, c’est l’ensemble qui importe pour le foie : l’alimentation, le poids, la consommation de sucre, l’activité physique et la santé métabolique. Et bonne nouvelle : si le foie a déjà accumulé du gras, le Pr Geerts rassure en disant que les personnes qui parviennent à perdre 5 à 10% de leur poids peuvent débarrasser leur foie de la graisse.

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L’importance de l’interprétation des études

Mais alors, que penser de cette étude ? La diététicienne Sanne Mouha (UZAnvers), explique qu’il faut interpréter ces résultats avec prudence. Elle évoque certains biais inhérents aux études d’observation : « Il se peut, par exemple, que les personnes en surpoids boivent plus souvent des boissons gazeuses, ce qui fausse quelque peu les conclusions.  De plus, les boissons light ou zero sont souvent associées à un mode de vie et une alimentation moins saine. »

La consommation de boissons light/zero est en effet généralement plus importante chez les personnes en excès de poids/obèses et celles avec un diabète de type 2, parce que ces personnes cherchent précisément à réduire le sucre et les calories associées au sucre.

Limitations de l’étude chinoise

Ce biais fréquent retrouvé dans les études observationnelles qui associent l’utilisation d’édulcorants basses calories à des problèmes de santé a également été souligné par l’Association Internationale des Édulcorants (ISA) : l’association rappelle que ces études ne peuvent pas établir de causalité. À l’inverse, les revues systématiques d’essais contrôlés randomisés fournissent des preuves solides. Ces études montrent que remplacer les boissons sucrées par des alternatives contenant des édulcorants à faible ou sans calories peut réduire la graisse hépatique, le poids corporel et la masse grasse (McGlynn et al., 2022).

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Références :
Simancas-Racines D et al. Curr Obes Rep. 2025 Jan 11;14(1):7. doi: 10.1007/s13679-024-00597-6
Ueg. Artificially sweetened and sugary drinks are both associated with an increased risk of liver disease, study finds. October 07, 2025.
• HLN online: Drink je elke dag lightfrisdrank? Onderzoek wijst op 60 procent meer kans op leveraandoening | Gezondheid | HLN.be
International Sweeteners Association ISA. Limites de la nouvelle étude sr les boissons édulcorées et les maladies du foie. 9 Octobre 2025.

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