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Boissons à la stévia : commentaires d’un expert

Le Prof Marie-Louise Scippo (Université de Liège) est membre du collège du Conseil Supérieur de la Santé, membre du comité scientifique de l’AFSCA et membre de la Belgian Nutrition Society.

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Comment l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) évalue-t-elle la sécurité des édulcorants ?

L’EFSA se base sur l’ensemble des études toxicologiques publiées dans la littérature scientifique, et prend en compte celles qui répondent à des critères de qualité très stricts. Sur cette base, elle détermine la quantité de l’édulcorant qu’une personne peut ingérer chaque jour en toute sécurité pendant toute sa vie, appelée Dose Journalière Admissible (DJA).

Ainsi, pour les glycosides de stéviol, molécules au goût sucré extraites de la plante Stévia, la DJA a été fixée à 4 mg par kilo de poids corporel et par jour.

Comment l’EFSA détermine-t-elle les produits dans lesquels les édulcorants peuvent être utilisés et en quelles quantités ?

L’Autorité évalue les dossiers que doivent constituer les industriels désireux d’utiliser un édulcorant dans un aliment, en tenant compte de la portion et de la teneur en édulcorant de la denrée. Parallèlement à cela, elle évalue l’exposition du consommateur à partir de banques de données de consommation issues des différents pays de l’Union Européenne. Ceci permet de déterminer le niveau de consommation moyen de la population, mais aussi celui des personnes qui en consomment le plus.

La nature des aliments pouvant contenir un édulcorant et la quantité d’édulcorant autorisée sont toujours déterminées de manière à garantir un niveau de consommation parfaitement sûr, y compris pour les grands consommateurs de denrées édulcorées.

Que signifie cet avis de l’EFSA sur l’élargissement de la catégorie de boissons pouvant contenir l’édulcorant à base de stévia ?

Cet avis montre qu’il y avait encore de la place pour des produits additionnels pouvant contenir des glycosides de stéviol, à savoir le café, le thé et les infusions.

Il se pourrait qu’à l’avenir, toujours selon les niveaux de consommation, d’autres denrées viennent encore élargir la catégorie, mais ceci devra faire l’objet d’une nouvelle analyse. Il confirme la sécurité des niveaux de consommation dans les pays de l’Union Européenne, même en augmentant le nombre de produits pouvant contenir l’édulcorant extrait de stévia. C’est donc rassurant pour le consommateur.

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