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Des conseils utiles pour modérer notre consommation de sucre

Une consommation excessive de sucre est un problème de santé publique associé à des conséquences négatives sur la santé physique, une morbidité accrue et une mortalité plus élevée. Donner de bons conseils pour maintenir notre consommation dans des limites raisonnables s’avère donc important. Mais savons-nous quels conseils aident réellement nos patients ? Nous trouvons peut-être cela évident, mais la recherche montre que ce n’est pas si clair pour les consommateurs.

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Experte en nutrition et auteure, la diététicienne-nutritionniste Lut Van Lierde décrypte, en s’appuyant sur les données scientifiques les plus récentes, nos préférences alimentaires et leur impact sur la santé.

Une étude d’intervention randomisée de la Bournemouth University*

Cette étude a inclus 62 adultes qui réduisaient leur consommation de sucres libres, dans le but d’identifier les freins et les leviers à cette démarche. Les sucres libres comprennent, outre les sucres ajoutés, les sucres naturellement présents dans le miel, les sirops et les jus de fruits. Les participants ont été répartis en 4 groupes :

  • 3 groupes d’intervention recevant des conseils spécifiques
  • 1 groupe témoin.

Il a été demandé à chacun de noter ses apports, et des entretiens ont eu lieu après 1, 2, 4, 8 ou 12 semaines. Une réduction de la consommation de sucres libres de 2 % de l’apport énergétique total ou le respect de la recommandation du gouvernement britannique fixée à 5 % de l’AET de l’apport énergétique total, était considérée comme un succès.

La connaissance et la compréhension sont essentielles

Acquérir des connaissances et comprendre l’information est une première condition de réussite. Or, ce sont précisément des points sensibles pour les participants. Ils ont eu du mal à retrouver l’information sur les sucres libres sur l’emballage ou à comprendre le jargon utilisé. Le terme « sucres libres » n’est en effet pas défini dans la législation européenne, mais est un terme introduit par l’OMS. Sur l’étiquette des denrées alimentaires et des boissons figurent les glucides totaux et les sucres totaux, tels que définis par la législation. La désinformation véhiculée par les médias a également été dénoncée comme un obstacle supplémentaire. Les participants souhaitent une information accessible et facile à comprendre, que chacun puisse assimiler et appliquer. Un complément précieux à ce constat est qu’il est nécessaire de vérifier que l’information est effectivement comprise et transformée en connaissance par la personne concernée.

Rendez-le concret

Les connaissances acquises doivent également être traduites en recommandations claires et spécifiques qu’ils peuvent appliquer dans leur alimentation. Il convient ici de privilégier des conseils portant sur les aliments plutôt que sur les nutriments. Proposer des produits à faible teneur en sucre ou sans sucres ajoutés comme alternatives aux produits riches en sucre, ainsi qu’adapter la taille des portions, sont également de bons moyens de rendre cela applicable en pratique.

Personnalisez les conseils

Il n’est pas surprenant de constater par ailleurs de grandes différences individuelles dans les préférences gustatives entre les participants. Tous ont donc besoin de conseils sur les ajustements à apporter à leur alimentation, d’un retour sur leurs réussites et d’informations sur d’autres ajustements souhaitables tenant compte de leurs habitudes alimentaires personnelles, de leur environnement social et de leur personnalité. Ce type d’accompagnement personnalisé n’est probablement pas envisageable dans le cadre d’interventions traditionnelles de santé publique, mais constitue une belle opportunité pour tous les spécialistes en nutrition qui accompagnent des patients.

Gardez le doigt sur le pouls

Les chercheurs ont par ailleurs observé que le succès menait généralement à d’autres succès, tandis que l’échec menait généralement à davantage d’échecs. Il est donc important d’encourager une spirale positive d’une part, et de briser un cercle vicieux d’autre part. Il est intéressant de noter que le cap des 4 semaines constitue un moment charnière pour relancer la motivation. Après 4 semaines, l’enthousiasme initial semble s’essouffler quelque peu, ce qui peut justifier un suivi au moins mensuel du patient.

À titre personnel, j’ajouterais volontiers que cette étude nous apporte non seulement des pistes pour mieux conseiller la réduction des sucres libres, mais aussi pour formuler d’autres conseils nutritionnels et assurer un bon suivi des patients.

Références :
* Boxall L R et al, J Nutr Sci 2026. doi: 10.1017/jns.2026.10118

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Qui est Lut Van Lierde ?

Lut Van Lierde est diététicienne-nutritionniste (Institut Paul Lambin – HE Vinci) et auteure du livre « Ligne », publié chez Soliflor. Elle a travaillé auparavant pendant 20 ans comme cadre dans l’industrie alimentaire.

Lut Van Lierde exerce en tant que diététicienne clinique dans son cabinet à Bruxelles, où elle a développé sa méthode « Nutrition Sensitive ». En tant que diététicienne indépendante, elle conseille des entreprises, notamment Le Pain Quotidien, pour lequel elle a établi les « Better Choice Criteria » qui indiquent les choix les plus sains sur le menu. Elle aime rendre la science nutritionnelle passionnante et accessible.

Une citation d’elle : « Traduire les informations scientifiques en assiette est le minimum olympique pour un diététicien. »

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