Face à l’obésité galopante et au diabète de type 2 qui en découle, les médicaments dits « anti-obésité » connaissent un succès croissant.
Sémaglutide, liraglutide… Les analogues du GLP-1, qui miment l’action du Glucagon-Like Peptide-1, n’ont pas d’effet direct sur la masse grasse, mais bien sur la principale voie qui conduit à son développement : une consommation de calories supérieure aux dépenses. Ils transforment profondément le rapport à la nourriture, en agissant à la fois sur les signaux physiques de faim et sur les mécanismes cérébraux du plaisir.
Moins de calories et de meilleurs choix
Concrètement, les analogues du GLP-1 entraînent une réduction drastique de la faim, en envoyant au cerveau des signaux de satiété, comme si l’on avait mangé, même à jeun. Cette satiété survient de manière précoce et durable, car ces médicaments ralentissent la vidange gastrique, ce qui procure une sensation de plénitude gastrique.
De plus, de nombreux patients rapportent une diminution de ce que l’on appelle le « food noise », à savoir les pensées alimentaires obsédantes qui conduisent à des grignotages compulsifs.
Les patients mangent donc moins, mais pas seulement en quantité. Il semble également que ces traitements modifient les préférences alimentaires, avec un attrait moindre pour les produits riches en énergie (gras, sucrés) et un attrait plus marqué pour les sources de protéines…
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Les achats alimentaires passés au crible
Mais quel est réellement l’impact des traitements aux GLP-1 sur les achats alimentaires ? Pour répondre à cette question, une équipe de recherche danoise a mené une étude originale publiée dans le JAMA (1).
Les chercheurs ont examiné les tickets de caisse de pas moins de 13 565 personnes, représentant 70 % du marché danois. Les nouveaux utilisateurs d’analogues du GLP-1 ont été identifiés grâce au registre des ordonnances et appariés, selon un rapport de 1:3, avec des non-utilisateurs en fonction du sexe, de l’âge et du revenu par quartiles.
Les résultats montrent clairement que si les analogues du GLP-1 réduisent la consommation alimentaire, cela se traduit aussi par une diminution sensible des dépenses au supermarché. L’année précédant le traitement, les participants dépensaient en moyenne 52 523 couronnes en produits alimentaires. Ce montant est passé à 35 051 couronnes l’année suivant l’instauration du traitement.
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Modification de la composition nutritionnelle
Autre constat : la densité énergétique moyenne des achats alimentaires a légèrement diminué, passant de 209,4 à 207,3 kcal pour 100 g de denrées achetées.
Cette diminution s’explique principalement par une réduction de la teneur en sucres (de 15,7 à 15,1 g/100g), en glucides (de 19,8 à 19,3 g/100 g) et en acides gras saturés (de 7,3 à 7,2 g/100 g).
À l’inverse, la teneur en protéines a augmenté, passant de 6,6 à 6,9 g/100 g.
Ces données confirment une modification de la composition nutritionnelle de l’alimentation dans un sens globalement favorable.
Les auteurs ont également observé un déplacement des achats d’aliments ultra-transformés vers des produits moins transformés à la suite de l’instauration du traitement GLP-1. Étant donné que les produits ultra-transformés sont souvent riches en graisses et/ou sucres, cela contribue probablement à expliquer ces changements, et non le degré de transformation en soi.
L’étude présente cependant certaines limites :
- un biais de sélection lié au caractère volontaire de la participation
- l’absence d’information sur le BMI
- et le fait que les observations portent uniquement sur la première année de traitement, ce qui ne présage pas des modifications à long terme.
Voir les détails des modifications depuis le traitement au GLP-1


Après la perte de poids, limiter la reprise
Malgré leur efficacité démontrée pour la perte de poids, notamment au cours de la première année, les analogues du GLP-1 ne sont pas pour autant un remède absolu à la problématique de l’obésité.
Pendant le traitement, une attention particulière doit être portée à la qualité nutritionnelle de l’alimentation ainsi qu’à l’exercice physique, afin de couvrir les besoins en nutriments et de préserver la masse maigre.
Un des inconvénients majeurs de ces traitements – comme pour les régimes amaigrissants – reste la reprise de poids après l’arrêt. Or, environ la moitié des patients arrêtent le traitement dans l’année, et 70 % dans les deux ans (2).
D’où l’importance d’adopter une bonne hygiène de vie, pendant, mais aussi après un traitement aux analogues GLP-1.
Parmi les outils disponibles, les édulcorants peuvent jouer un rôle intéressant. Comme l’a montré l’étude clinique SWEET, le remplacement du sucre par des produits contenant des édulcorants peut aider à limiter la reprise de poids après une perte pondérale.
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