Une idée reçue tenace
On l’entend souvent : consommer des aliments au goût sucré même sans sucre ajouté réveillerait une envie irrésistible de sucre et conduirait à manger davantage.
Pourtant, cette affirmation mérite d’être examinée de près. C’est précisément ce que fait Michaël Sels, diététicien et Responsable de l’innovation en nutrition clinique à l’Hôpital Universitaire d’Anvers (UZA), dans cette interview réalisée pour Édulcorants.eu.
Ce que dit vraiment la science
Michaël Sels le rappelle d’emblée : la qualité des études sur lesquelles repose cette affirmation est souvent insuffisante. Beaucoup de conclusions alarmistes sont tirées d’études faibles sur le plan méthodologique, qui ne permettent pas d’établir un lien de causalité.
« Les études sont souvent faibles. Il est important de se baser sur des études bien étayées, y compris quand il s’agit de la saveur sucrée. »
La science de la nutrition a considérablement évolué ces dernières années, et les données solides disponibles aujourd’hui brossent un tableau bien différent des discours alarmistes.
L’étude Sweet Tooth : un éclairage précieux
Au cœur de la discussion se trouve l’étude Sweet Tooth, dont les enseignements portent sur le lien entre goût sucré, envie de sucré et gestion du poids. Michaël Sels explique ce qui l’a le plus marqué dans ses résultats.
L’un des points clés : même lorsqu’une personne réduit temporairement sa consommation de produits sucrés, la préférence pour le goût sucré ne disparaît pas durablement.
« On voit qu’à long terme, cette préférence revient. »
Autrement dit, supprimer totalement la saveur sucrée de son alimentation n’est ni réaliste ni nécessaire. Pour Michaël Sels, qui accompagne au quotidien des patients dans leurs changements alimentaires, ce constat est familier :
« Je vois beaucoup de gens qui ont déjà essayé. »
Choisir le goût sucré sans culpabilité
La conclusion de Michaël Sels est claire et nuancée : il est tout à fait possible de continuer à apprécier la saveur sucrée tout en adoptant une alimentation saine et équilibrée.
« Alors vous pouvez parfaitement choisir des choses au goût sucré. Et vous pouvez par exemple utiliser des édulcorants. »
Cette approche pragmatique est en phase avec les recommandations actuelles en nutrition clinique : plutôt que d’interdire, il s’agit d’accompagner les personnes vers des substitutions durables et réalistes. Les édulcorants s’inscrivent dans cette logique, en permettant de maintenir le plaisir du goût sucré tout en réduisant l’apport en sucre et en calories.
Un message d’importance pour les professionnels de santé
Au-delà des patients, Michaël Sels s’adresse aussi aux professionnels de santé. Il insiste sur la nécessité de s’appuyer sur des preuves scientifiques robustes avant de formuler des recommandations, et de ne pas transmettre des craintes non fondées autour des édulcorants.
Les idées reçues sur la saveur sucrée et les édulcorants persistent, mais elles ne résistent pas à l’examen des données disponibles. Cette interview est une invitation à remettre les pendules à l’heure, avec un expert qui côtoie la réalité clinique au quotidien.
Regardez l’interview complète de Michaël Sels :
